“Cosa volete mangiare ?”

On continue notre plongée dans l’histoire du club avec les anecdotes de Régis GIUNTA. Et cette fois-ci, on part en voyage…

Année 1980. Un contact informel pris à l’occasion d’un tournoi amical en Belgique avec un club Danois débouche après quelques échanges sur une proposition de préparation estivale au pays de la petite sirène.

Une occasion unique de créer des liens forts entre la section masculine et la section féminine du club : voilà l’USD Handball (le nom du club à l’époque) en route fin août pour une semaine de travail chez les mangeurs de “smorrebrod”*.

Cette saison-là, les garçons évoluaient en seconde division et les filles venaient d’accéder à la première. Jean Marie LEMOINE l’entraineur des féminines était réputé pour ses séances physiques que ses filles comparaient à “des entraînement dignes de ceux subis par les équipes de l’Allemagne de l’Est”. Les garçons pour leur part était au début d’une aventure qui allait les mener 2 saisons plus tard au plus haut niveau français avec un collectif qui, pour la première fois, accueillait de très jeunes joueurs comme David NEGUEDE et Franck DEHEUNINCK, internationaux juniors plein de promesses.

Le stage s’est déroulé de manière parfaite avec un accueil parfait du club d’Odense sur l’île de Fyonie -même si c’était dans des conditions un peu spartiates, les finances du club à l’époque ne permettant pas des séjours en hôtel, avec un hébergement dans la salle de sport, nuits passées sur des matelas pneumatiques et repas pris au self de cette même salle-. Mais pour les Français, le mode de nourriture à la Danoise n’était pas vraiment…top !

Aussi, après un dernier match amical contre le club de Gladsaxe dans la banlieue de Copenhague, je me suis dit qu’il faudrait qu’au moins 1 fois durant le stage on se fasse un petit plaisir culinaire… mais la cuisine danoise… Donc je convainc notre délégation d’aller manger dans un restaurant italien, les seuls à proposer la meilleure cuisine (après la cuisine française bien sûr). Après quelques recherches, nous en dégottons un.

Me débrouillant plutôt bien en Italien, j’y entre en éclaireur, les autres attendant dans le bus, et je demande dans la langue de Dante si malgré l’heure tardive (on sortait d’un match) ils pouvaient faire à manger pour un bus de sportifs. “Ma come no! cosa volete mangiare ?”**… Je sors pour indiquer à la délégation qu’on allait pouvoir se régaler et voilà ma joyeuse (et nombreuse) troupe qui débarque en vociférant chez l’ami italien… lequel, au son des échanges nous dit parfaitement dans la langue de Molière : “Mais vous êtes français ! Super moi j’ai bossé dans un restaurant à Douai il y a quelques années”. On s’était parlé en italien croyant tous les 2 avoir affaire à des italiens…

Inutile de préciser que l’accueil fut plus que chaleureux, que l’addition n’a pas été super salée mais que le chianti a coulé… de façon raisonnable mais par précaution, les garçons ont suspendu la séance prévue la veille. Les filles par contre…”eins, zwei, drei…!”  n’ont pas eu la chance de pouvoir sécher !

* le sandwich typique danois

** Bien sûr! que voulez-vous manger?”

A suivre

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